Schubert, l'Inachevée et le voyage d'hiver

par Muriel de Bastier 18 Février 2019, 10:37 Scènes

Le jeudi 14 février 2019 à 20 h - Théâtre des Champs-Élysées
Mark Padmore

Mark Padmore

Mark Padmore, ténor, et Douglas Boyd à la tête de l’Orchestre de chambre de Paris, rendent hommage au Schubert de « l’Inachevée » et au Cycle Winterreise revisité par Hans Zender.

 

 « Connaissez-vous une musique heureuse ? «  demandait Schubert à ses amis. Et la réponse tombait : « Moi, pas ».

C’est en 1822 que Franz Schubert écrit sa huitième Symphonie « Inachevée ». Cette symphonie ne comporte que deux mouvements mais le mystère demeure sur la cause de son inachèvement même si les problèmes de santé du compositeur débutent alors. Elle ne sera jouée que 40 ans après la mort de celui-ci. Elle exprime l’inquiétude, la souffrance et le tourment. Le premier mouvement, entre agitation extrême, venant des profondeurs et sérénité mélodieuse, envoute l’auditeur. Le second mouvement diffuse une atmosphère d’éternité, des moments lents et romantiques bousculés par des ruptures, des sursauts violents.

Après cette plongée dans l’univers symphonique de Schubert, Douglas Boyd propose une œuvre du compositeur et chef d’orchestre Hans Zender édifiée autour du cycle de lieder Winterreise de Franz Schubert. Quand il compose Winterreise en 1827, Schubert est malade et isolé. Il a été très affecté par la mort cette année là de son mentor, Beethoven. Il sera très sensible à la poésie désespérée du poète allemand Wilhem Müller (1794-1827) et à ses thèmes romantiques de l’amour non partagé et de l’errance.

En 1993, le compositeur allemand Hans Zender a réalisé une orchestration d’une grande beauté dans laquelle on remarque la présence de certains instruments comme l’harmonica, la harpe, la guitare, une machine à vent, une riche percussion ainsi qu’une adjonction insolite mais très poétique d’un accordéon.

Les musiciens se déplacent lentement tels des ombres sur scène et dans la salle. Dramatisation et théâtralité, le spectacle est complet. Mark Padmore traduit avec une grande sensibilité cette noire désespérance.

Sa performance est prodigieuse, le spectateur est subjugué.

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